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Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - III

vendredi 22 août 2014 par en, Evelyne Noygues

De l’exil... et du lac d’Ohrid

Le rivage de l’exil est peut-être le plus épanoui des livres de Luan Starova, comme l’a écrit Edgar Morin. Selon lui, ce livre est tout à la fois rempli de tendresse et de la tragédie balkanique... cette histoire peut sembler tragique et elle l’est. Mais en même temps, l’auteur réussit le tour de force avec ses yeux d’enfant de nous faire entrer dans cette famille aimante, pleine de ressources et d’humour, qui témoigne de l’étonnante vitalité du genre humain !

Le narrateur -Starova, à n’en pas douter- raconte la vie des membres de sa famille vouée à un perpétuel exil, au point que celui-ci devient l’essence même de leur existence. Mais trois éléments restent immuablement constitutifs de son identité les livres du père, dont ce dernier ne pourra jamais achever la lecture - tout comme l’avenir des Balkans ne sera jamais fixé -, le trousseau de clés de la mère, qui s’alourdit à chaque pérégrination forcée de la clé de la maison abandonnée, et ce depuis des générations de femmes qui espèrent toujours retrouver leur foyer, le berceau de leurs enfants. Et enfin le lac d’Ohrid, qui à la fois unit et sépare l’Albanie, la Yougoslavie et la Macédoine, des rivages duquel l’on peut toujours apercevoir l’autre côté...

 

De Constantinople... et du lac d’Ohrid

Le chemin des anguilles, traduit en français comme les romans précédents par Patrick Chrismant (Clément d’Icartéguy), est présenté comme un message à l’adresse de l’Europe pour la sauvegarde du lac d’Orhid. Ce livre s’insère bien dans l’itinéraire de l’exil de l’auteur qui se plait à considérer ce lac comme sa véritable patrie...

« Le Chemin des anguilles évoque une tragédie séculaire : celles des peuples aux destins constamment déchirés, des familles déracinées aux espérances toujours contrariées », écrit Maurice Druon. Et c’est ainsi : Luan Starova fait partie de ces vieux sages des Balkans qui écoutent et transmettent cette douleur en la transformant en chant. Le roman tourne autour de la figure du Père, le « gardien » de la bibliothèque familiale, incarnant tout à la fois mémoire, expérience et histoire. Revenu de Constantinople, il se retrouve au bord du Lac situé non loin de l’embouchure et de la source du fleuve. À l’image de ce Lac, devenu personnage à part entière du livre, le Père se trouve à la tête d’une famille, toujours venue de quelque part et retournant quelque part. Ses livres sont écrits dans tous les alphabets, ses cartes géographiques sont de toutes les couleurs, et sur le globe rapporté de Constantinople – on peut suivre les mouvements des anguilles.

Quel est ce chemin qui n’est ni une initiation, ni un pèlerinage, ni même une émigration, mais la pénible conquête d’une vie ? Le Chemin des anguilles devient « non seulement une merveilleuse œuvre littéraire mais aussi un livre d’une poétique historique et d’une dimension mythique » (Edgar Morin).

A lire également sur ce site :
- Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - I -
- Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - II -



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