Albania

Antologie : "Une cloche à ton cou" d’Agim Vinca

traduit par Alexandre ZOTOS

vendredi 26 février 2016 par en

Les poèmes d’Agim Vinca traduits par Alexandre Zotos ont leur poids de vie et d’expérience profonde. Sa poésie est une défense d’homme libre et se lève contre toute dictature. A travers ses beaux poèmes, il accueille l’histoire et le souffle de la poésie universelle. Comme si un Robert Desnos, un Guillaume Apollinaire, un Benjamin Fondane, un Charles d’Orléans, un Max Jacob le remerciaient du fond du coeur d’être là à faire du poète un homme libre.

Agim Vinca sait ce que [c’est] d’être un poète libre, comme s’il avait fait sienne [la vérité] qu’affirmait le grand poète Robert Desnos : « Ce n’est pas la poésie qui est libre, mais le poète. » Être poète c’est être sémaphore dans la nuit des hommes et porter secours à la détresse de celles et de ceux qui marchent sur les routes de l’exil ou de l’exode… Ceux-là sont les « ambassadeurs du ciel ».

Sa poésie est lumière fraternelle et proche de l’âme de son peuple, elle interroge sans concession avec l’esprit et le coeur ouverts à toutes modifications de ses pensées et de ses actes, pourvu qu’ils fortifient la liberté et volonté d’être au monde. Il scrute le sens du mot patrie et comment il peut rendre intelligible ce mot à son fils. Le poète vit parmi les hommes, mais il est ailleurs.

À la sinistre prison de Skopje, à Idrizova, répond, dans le magnifique poème Les peupliers de mon pays natal, ses frères. Le poète errant et vagabond se réconcilie avec le monde grâce à leur immobilité vivante et mouvante. Sa poésie est d’espérance. Pogradec semble un lieu de paradis à retrouver par tous les moyens concrets de locomotion, spirituel, métaphysique, naturel ou à bicyclette, comme devenir oiseau céleste. Ses métaphores sont percutantes et saisissantes. Son lyrisme est vibrant. Le poète est « un écuyer délirant, un Icare sans feuillet », un vagabond perpétuel dont la maison offre une table accueillante aux amis de passage.

Luc Vidal Sète, Festival des Voix de la Méditerranée, août 2015

Une cloche à ton cou

d’ Agim Vinca

Traduit par Alexandre Zotos

Illustré par Anastas Kostandini-Taso

Il est au Sud une montagne

Dressée entre deux lacs

Appelée le Mont-Chauve.

Et nul ne saurait dire

Pourquoi, cernée de ces eaux,

Sèche demeure la montagne.

Tout près s’étend une prairie

Curieusement nommée

Le Pré-aux-Larmes

Et nul ne saurait dire

Comment, malgré ces larmes,

Sèche demeure la montagne.

Il est au Sud une montagne

Appelée le Mont-Chauve

Dressée entre deux lacs.

Et nul ne saurait dire

Pourquoi, si près de l’eau,

La montagne n’est que soif,

Mont-Chauve

Sans herbes, sans arbres, sans oiseaux,

Déjà mort de ton vivant.

Tel un homme

Dont la peine assèche le sang.

Pour commander le n°27 de la collection de La Galerie de l’or du temps :

Une cloche à ton cou d’ Agim Vinca


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