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Beaubourg-Centre Georges Pompidou : des artistes albanais exposent à Paris

"Les promesses du passé, 1950-2010, une histoire discontinue de l’art dans l’ex-Europe de l’est"

samedi 6 novembre 2010 par en , E. Noygues

D’avril à juillet 2010, le Centre Pompidou a présenté "Les Promesses du passé", une exposition transnationale et transgénérationnelle qui a proposé les œuvres de cinquante artistes issus, pour beaucoup d’entre eux, d’Europe centrale et orientale.

Vingt ans après la chute du Mur de Berlin, cette exposition s’est interrogée sur l’ancienne opposition européenne Est/Ouest en revisitant l’histoire des pays du bloc communiste. Le Centre Pompidou a souhaité révéler au public des artistes peu connus en France, qui ont marqué, par leur travail artistique et leurs thématiques, leur pays d’origine.

160 oeuvres d’art, toutes disciplines confondues, ont été exposées autour de sept thèmes principaux : « Au-delà des utopies modernistes », « Fantasmes de totalité », « Anti-art », « Geste micropolitique–geste poétique », « Féminin–féministe », « Espace public–espace privé » et « l’Utopie revisitée ».

Le projet de l’exposition à Paris

Pour ses responsables, il s’est agi "d’actualiser l’oublié" ; cette démarche d’actualisation visible chez les jeunes artistes incombe également à l’historien de l’art.". Ils souhaitaient la question : qu’est-ce qu’un art de l’Europe de l’Est, à l’heure où ce concept tombe en désuétude, à l’aube d’un nouveau monde commun où ces divisions européennes Est/Ouest ont cessé d’exister, presque vingt ans après la chute du mur de Berlin, et alors que se construit une nouvelle Europe, dite aujourd’hui occidentale et orientale ?

Comme le souligne Christine Macel, conservatrice, chef du service création contemporaine et prospective, et l’une des deux commissaires de l’exposition, il leur paraissait clair que la notion d’État-Nation impliquant une approche géographique de l’art était dépassée par l’émergence d’un « empire »mondial postcolonial qui devait donc envisager, surtout pour les plus jeunes artistes, diverses origines à l’intérieur comme au-delà des pays de l’ancien bloc de l’Est.

La biennale de Tirana

En 2003 s’est tenue la deuxième Biennale de Tirana, conçue avec la collaboration d´un certain nombre de commissaires étrangers et incluant les oeuvres de plus de 120 artistes internationaux. Une section entière de la Biennale, sous le commissariat de Hans Ulrich Obrist et de l´artiste albanais Anri Sala, fut dédiée à la poursuite du projet de repeindre les façades de certains bâtiments dégradés de la ville, initiée trois ans plus tôt par le maire de la ville - et ancien artiste - Edi Rama.

Inspirés par la force de changement qu´avait générée ce projet du maire, les deux commissaires décidèrent d’y faire participer quelques artistes reconnus internationalement, dont la pratique exprimait l´ambition de changement social précisément au travers de la construction d´expériences visuelles ou environnementales, et correspondait donc à l’ambition première du projet de repeindre les façades des immeubles de Tirana : transformer de façon positive la manière dont les habitants perçoivent leur ville et les inviter ainsi à reconquérir l’espace public et à renforcer le sentiment de communauté et le civisme.

Ainsi, Liam Gillick, Dominique Gonzalez-Foerster, Ólafur Eliasson, Rirkrit Tiravanija et Carsten Höller ont transformé, ou planifié de transformer, des immeubles de logements du centre de Tirana en œuvres d´art contemporain, et ces projets sont présentés au sein de l’exposition à l’aide de documents. Par ailleurs, la transformation de Tirana a attiré une grande partie de l´attention de la scène artistique internationale, ainsi que celle d´un nombre croissant d´artistes locaux, tels Alban Hajdinaj et Gentian Shkurti, qui ont réagi et à créé des oeuvres influencées par les phénomènes sociaux provoqués par les couleurs, ou les commentent, dans des vidéos présentées dans la même section de l’exposition.


Les œuvres exposées au Centre Pompidou

Par des artistes albanais :

Alban Hajdinaj (1974, tirana, Albanie)

Eye to Eye [D’oeil à oeil], 2003, Vidéo, 4’30’’, coul., son. Collection de l’artiste

Le jeune artiste albanais présente dans sa vidéo une version critique du projet mis en oeuvre par Edi Rama à Tirana.

Gentian Shkurti (1977, Marmurras, Albanie)

Colour Blind [Daltonien], 2004, Vidéo, 4’05’’, noir et blanc, son Collection de l’artiste

Cet autre jeune artiste critique l’utopie proposée par le projet d’Edi Rama et des artistes invités pendant la Biennale de Tirana, en faisant déambuler un daltonien. Dans les rues de la capitale, comme si les changements opérés dans la ville par les projets artistiques n’étaient que de pures façades.

Edi Rama

Sept impressions numériques, retirages des dessins préparatoires pour repeindre les façades de Tirana, 2000, feutre et crayon sur photocopies

Anri Sala (1974, Tirana, Albanie)

Dammi i Colori [Donne-moi les couleurs], 2003 Vidéo, 15’24’’, coul., son. Collection Musée des beaux-arts de Nantes

Jeune artiste phare de la scène internationale, Anri Sala a beaucoup fait pour faire connaître son pays d’origine et les pères qui sont pour lui des figures tutélaires. Avant sont départ à Pris puis à Berlin, il réalise le portrait de la ville transformée.


Par des artistes ayant participé à la biennale de Tirana de 2003, suite à l’invitation par Anri Sala et Hans-Ulrich Obrist :

Olafur Eliasson

Tirana House Painting Project [Projet pour peindre une maison de Tirana], 2003 Trois impressions numériques : deux retirages de photographies de la façade repeinte selon les indications de l’artiste, un plan du motif géométrique appliqué à la façade, photographies d’Anri Sala (2008). Courtesy Olafur Eliasson et Anri Sala

Carsten Höller

Deux impressions numériques, une photographie de la façade à repeindre, un plan du motif créé par l’artiste à appliquer sur cette façade, photographie d’Anri Sala (2003). Courtesy Carsten Höller et Anri Sala

Liam Gillick

Exterior Consultation Diagram [Diagramme de consultation extérieure], 2003 Deux impressions numériques de la façade repeinte selon les indications de l’artiste, photographies : Anri Sala 2003. Courtesy Liam Gillick, Anri Sala et la Galerie Air de Paris, Paris

Dominique Gonzalez-Foerster

Deux impressions numériques de la façade repeinte selon les indications de l’artiste, photographies d’Anri Sala (2003 et 2009). Courtesy Dominique Gonzalez-Foerster et Anri Sala

Rirkrit Tiravanija

Deux impressions numériques de la façade repeinte selon les indications de l’artiste, 2003, photographies d’Anri Sala (2003). Courtesy Rirkrit Tiravanija et Anri Sala

Carsten Höller

Deux impressions numériques, une photographie de la façade à repeindre, un plan du motif créé par l’artiste à appliquer sur cette façade, photographie d’Anri Sala (2003). Courtesy Carsten Höller et Anri Sala

Dossier préparé et mis en forme par ©Evelyne Noygues, 2010.

Remerciement au service "Création contemporaine et prospective" du Cenre Pompidou


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