Albania

Cycle romanesque : une Saga balkanique invitée en Normandie, le 27 avril

Bibliothèque d’Hermanville-sur-Mer

lundi 18 avril 2016 par en , E. Noygues

Écrivain, universitaire, traducteur, ancien ambassadeur, Luan STAROVA est l’auteur d’un cycle romanesque intitulé "Saga Balkanique" qui rassemble plusieurs volumes : Le temps des chèvres, 1997, Les livres de mon père, 1998, Le Musée de l’athéisme, 1999, publiés chez Fayard, Le rivage de l’exil, 2013, aux éditions de l’Aube, dans lesquels les thèmes de l’exil et de l’absurdité des régimes totalitaires sont très présents.

Luan STAROVA, participe le 27 avril à 19h à une rencontre à la bibliothèque d’Hermanville-sur-Mer à l’invitation du Festival Balkan-Transit (Normandie).

Cet article mosaïque est construit à partir de fragments et d’extraits de la critique littéraire française réunis par l’auteur à la sortie du premier volume de sa saga.

La vie et la création de Luan Starova empruntent, dès le commencement, le chemin de l’exil au moment où il franchit, avec sa famille, dans une barque, une nuit de 1943, la frontière entre l’Albanie et la Macédoine lors de la traversée du lac d’Ohrid, pour gagner, quelques heures plus tard, l’autre rivage et la ville de Struga.

Dans son numéro de juillet-août 1997, la revue Méditerranée annonce clairement que « Le roman Le Temp des chèvres s’ organise autour de l’image étonnante et forte d’ une ville envahie par les chèvres. Il suivent leurs bergers, venus former le fier prolétariat de la République yougoslave. Une très belle allégorie du bonheur et un regarde de l’histoire mouvementée de Balkans et la prégnance des idéologies. »

Pour Maurice Druon, de l’Académie française, « ... l’auteur a bâtie une fiction très attachante, dont l’ironie est roborative. Et, d’une certaine manière, c’est un tour de force que d’avoir su faire ressortir toute l’absurdité d’ un régime idéologique et totalitaire idéologique et totalitaire, tout en campant deux personnages vivants, et émouvants dans leur amitié : l’ érudit convaincu du pouvoir de l’ esprit, et le berger solidement ancré dans la certitude naturelles. Avec ce roman, la littérature du pays de l’auteur reprend droit de cité dans notre Europe, et projette une lumière révélatrice sur les Balkans… ».

Toujours en 1997, l’avocat et essayiste Robert Badinter fait valoir que : « Chacun sait que le talent littéraire n’est pas incompatible avec les plus hautes fonctions diplomatiques.. Il n’est qu’à se référer à littérature française au XX –ème siècle pour pouvoir vérifier ce constat. Luan Starova, premier ambassadeur de la République de Macédoine en France, auteur d’une œuvre magistrale que vous aviez écrite et que nous avions le privilège de l’avoir fort bien traduite en français , par une autre plume diplomatique par certains nuance, pour permettre l’art spécifique du Quai d’Orsay… ».

Pour le sociologue Edgard Morin, « Il n’y a pas dans ce livre des personnages méchants, cruel, odieux, comme dans les romans occidentaux. Il y a la logique d’une idée qui veut transformer les bergers en prolétaires. Et cette logique va conduire la résistance passive des bergers, leur transport déportation en ville, elle va conduire finalement le prolétaire mythique, irréel, qui va avoir raison des populations réels, lesquelles avaient besoin des bergers réels(…) Et voilà justement Luan Starova le représentant de la convivialité et de l’ouverture balkaniques, l’homme qui, toute sa vie, a incarné la fraternité balkanique sans une seule "refermeture" ethnique.. »

Selon le poète et traducteur Yves Bonnefois, également critique littéraire, « Cette saga de Starova, qui commence avec les livres de son père, sonne comme une prise de conscience d’une figure symbolique, celle de la bibliothèque elle-même, avec les livres sur les chèvres, sur les anguilles, sur les janissaires et autres phénomènes, une bibliothèque qui se transforme alors en mythe, en bibliothèque des mythes, mythes pénibles, mais riches en espoir pour ces Balkans que nous aimons et que l’auteur s’évertue à nous faire encore aimer davantage sur un fond d’incertitudes et de réactivation de tentations historiques lourdes de conséquences. Ce sont tous ces éléments combinés qui font de la création de Starova une œuvre monumentale dans un contexte qui reste grave et en des heures qui s’avéreront peut-être décisives pour les Balkans ».

Ce qui intéresse Alain Bosquet, dans le numéro du “Magazine littéraire” de mai 1997, « c’est c’est la dimension magico-poétique et la dimension symbolique. Je trouve que dans ces deux dimensions, l’ œuvre fonctionne parfaitement. Je trouve encore cette encore cet œuvre les meilleurs qu’ils existent et qui indiquent la destruction de l’univers idéologique – cruel et féroce, mais sans dire directement ». « Le roman le Temps des chèvres est écrit comme une litanie, où les épisodes s’enchevêtrent. La satire s’ y allie à la parabole, et la fable admet plusieurs interprétations symboliques. Luan Starova manie avec intensité la malice et la magie (…)Gogol n’est pas loin ».

Comme le fait remarquer Jean-Arnault Dérens, déjà en 1997, dans “Le Monde diplomatique” : « Ancien ambassadeur professeur universitaire de littérature française, Luana Starova est parfois critiqué par certains des siens, les Albanais de Macédoine , par son opposition à toute forme de nationalisme. Il vient d’être élu à l’ Académie macédonienne des sciences et des arts : c’est la première fois qu’un Albanais accède à cette institution dans un pays toujours déchiré par les nationalismes. Son livre a l’ immense mérite de rappeler que, derrière le maquis des frontières que l’histoire a tracées sur la carte des Balkans, se cachent des espaces de civilisation façonnés par une histoire largement commune. Recevant l’autorisation de revenir en Albanie au bout de cinquante ans la mère rassure l’ un de ses fils : ,,Ne te fais pas de souci, mon petit garçon , au sujet de ta mère et des frontières… Toute ma vie n’ а été qu’une frontière...’’ ».

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