Albania

Du 26 au 29 avril : DE LORIENT A L’ORIENT 2010 - ALBANIE

COMMUNIQUE

mardi 20 avril 2010

Le Théâtre de Lorient, Centre dramatique national dirigé par Eric VIGNIER, organise une manifestation autour de la venue du Théâtre National de Tirana.

LE BARBIER DE SÉVILLE a reçu le Prix du Festival International de Théâtre de Butrint en juillet 2007.

Programme de "Lorient à l’Orient 2010 - Albanie" en pdf à la fin de l’article.

C’est sur les rivages de l’Albanie, pays baigné par la mer Adriatique, qu’Éric VIGNER a jeté l’ancre en avril 2007. À Tirana exactement, ville fondée en 1614 par le général ottoman Sulejman Pasha. Le pays se découvre aujourd’hui après 50 années de tyrannie, d’isolement contraint, de repli sur soi, physiquement imperméable à l’autre. La visite de cette terre presque vierge de l’influence de l’Occident entraîne le metteur en scène près des montagnes que les femmes habillées de noir descendent, près de la mer où les pêcheurs rentrés au port entonnent une polyphonie, dans la ville de Shkodra où l’Albanie renferme un trésor inestimable : les photographies des MARUBI, trois générations de photographes qui ont mis en scène et capturé l’Albanie ottomane au début du siècle dernier…

La rencontre avec l’Albanie est singulière, artistique, plastique, sensible comme le grain des photographies MARUBI. Une en particulier, qui inspire à Éric VIGNER une adaptation du BARBIER DE SÉVILLE de BEAUMARCHAIS pour les comédiens du Théâtre National de Tirana. Après la création du BOURGEOIS GENTILHOMME à Séoul en Corée du Sud, c’est un nouveau chef d’œuvre de la littérature française qu’il crée à l’étranger, cet ailleurs vers lequel Lorient le conduit. D’un pays à l’autre, les cultures se répondent, les imaginaires se confondent. Ils se rencontrent à Lorient, et poursuivent leur dialogue au CDDB avec DE LORIENT À L’ORIENT 2010.

1870, l’Albanie sous occupation ottomane voit les révoltes se succéder. L’un des chefs de l’insurrection, du nom de Myrto Dani, pousse la porte du photographe renommé Pjetër MARUBI et s’installe sous la verrière qui distille une lumière naturelle. Vêtu de la jupe blanche traditionnelle, accoudé à un guéridon, il pose face à l’objectif avec un ami. Il ne pouvait se douter alors que 150 ans plus tard, son portrait se retrouverait entre les mains d’ÉRIC VIGNER et que sa vision déclencherait chez le metteur en scène la création en Albanie de la pièce française au héros révolutionnaire : LE BARBIER DE SÉVILLE.

Cette photographie est exposée à Shkodra, petite ville située au nord-ouest de Tirana où au milieu du XIXème siècle un émigré italien a trouvé refuge. Peintre et sculpteur, attiré par l’art balbutiant de la photographie, Pjetër MARUBI installe dans la province albanaise un studio qui bientôt portera son nom et produira la plus incroyable collection de photographies artistiques et historiques sur l’Albanie, couvrant une centaine d’années. Trois générations durant, c’est toute la société qui vient prendre la pose devant un décor à peine modifié au fil du temps. 150000 mises en scène photographiques sauvées témoignent aujourd’hui de la richesse historique et artistique de l’Albanie.

C’est dans la mise en scène de cette photographie de Myrto Dani qu’Éric VIGNER décide de créer une adaptation du BARBIER DE SÉVILLE, à Tirana, où le pays vient de faire sa propre révolution. Mettre en résonance l’histoire du Figaro de BEAUMARCHAIS, figure du peuple osant prendre parole, avec l’histoire de l’Albanie, découvrant les promesses de la liberté. Faire vibrer l’éclat du blanc et la profondeur du noir des photographies dans l’espace même du théâtre. Mais aussi essayer la puissance de l’abstraction et amener les comédiens hors des sentiers du jeu naturaliste, tradition russe dont ils sont encore les héritiers.

Invité à créer par le Théâtre National de Tirana, Éric VIGNER s’y rend plusieurs fois, nourrissant alors un rapport intime avec un pays, une ville, de lui inconnus. Il découvre le bâtiment du théâtre qui abritait à l’origine un ancien cinéma, comme le CDDB qu’il dirige à Lorient. Les possibilités techniques sont modestes — un jeu de lumière restreint, et, incrusté au centre de la scène, un plateau tournant — mais deviennent la clé de voûte d’une mise en scène qui se veut recherche, essai sur l’art cinétique, offrant aux personnages noirs et blancs du BARBIER un écrin de dentelle, comme une boîte à musique.

Dès la première scène du BARBIER, Figaro, la guitare sur le dos, chantonne : « Aujourd’hui, ce qui ne vaut pas la peine d’être dit, on le chante ». À Tirana, la rencontre de Fatos QERIMAJ, clarinettiste issu d’une grande famille de compositeurs tsiganes, est décisive. Ce "MICHEL PORTAL" albanais cherche dans ses compositions un point d’équilibre entre musiques traditionnelles et contemporaines. Pour le BARBIER dont il compose la musique et les chansons, il provoque une rencontre entre l’Espagne de Séville et l’Orient de Tirana… Mais il y a une autre grande tradition musicale albanaise : ce sont les polyphonies. Une tradition différente, une autre musique élaborée sur d’autres canons que ceux de l’harmonie.

Ces chants découverts sur les bords de l’Adriatique allaient bientôt conduire Éric VIGNER à rencontrer au cœur de sa Bretagne natale le spécialiste mondial de la musique modale : Érik MARCHAND. Il dirige la Kreiz Breizh Akademi, un programme de formation autour de la musique modale… Chanteur et musicien, il arpente le monde – et beaucoup l’Orient – à la recherche des personnes qui comme lui pratiquent cet art ancestral. À Lorient, il propose une rencontre unique entre les polyphonies albanaises et le trio de musiciens du BARBIER DE SÉVILLE.

En 2007, le cinéaste Othello VILGARD est à Tirana pour filmer les représentations du BARBIER DE SÉVILLE. À partir de la mise en scène aux contrastes importants, à la géométrie presque expressionniste, il réalise un film muet hypnotique dans lequel la saturation des contrastes révèle le grain de la pellicule. Projeté dans la salle du CDDB, une magie inattendue opère : le film traverse l’écran placé au devant de la scène, pour se laisser revoir en miroir sur le mur du fond. Le plateau de théâtre devenu chambre noire, entre écran blanc et mur sombre, abrite à présent une autre représentation silencieuse : celle des ombres et des lumières.

Le rythme des images impose une nouvelle composition musicale, les noires et les blanches l’idée du clavier, le spectacle à faire revivre l’idée des musiciens sur le plateau au milieu des spectateurs. L’idée est alors venue de faire revenir à Lorient le grand musicien de jazz Emmanuel BEX qui, avec le seu langage musical, poursuivra un dernier soir la conversation initiée entre des pêcheurs albanais et un metteur en scène breton…

Lire également : Lorient : le Théâtre national de Tirana se produit sur la scène du Centre dramatique national, les 27, 28 et 29 avril 2010

Ce qu’en dit OUEST-FRANCE : http://www.ouest-france.fr/actu/act...

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Affiche N1B de Lorient à l’Orient 2010 - Albanie
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Programme de Lorient à l’Orient 2010 - Albanie

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