Albania

Entretien exclusif avec le peintre Artan SHABANI

mercredi 17 novembre 2010 par en

Dans le cadre de l’exposition personnelle Talking About présentée à "La Générale en Manufacture" de Sèvres, près de Paris, du 27 novembre au 31 décembre, Artan Shabani a répondu aux questions d’Albania sur son œuvre et son parcours artistique.

Interview

 

Association "Albania" : En tant qu’artiste et peintre où avez-vous été formé ? Quelles études avez-vous suivies ? En Albanie et / ou à l’étranger ?

Artan Shabani : Dans le cadre de ma formation universitaire, j’ai été amené à étudier la peinture de chevalet et le textile. Au lycée artistique puis à l’école des Beaux-Arts à Tirana, j’ai étudié des thématiques classiques à partir du style académique. J’ai reçu une formation de peintre figuratif. A l’étranger, la meilleure école fut assurément l’expérience accumulée grâce aux expositions, biennales, musées et résidences artistiques.

Albania : Quel genre de profession désiriez-vous exercer avant et/ou après vos études ?

Artan Shabani : J’ai toujours vécu l’Art dans sa dimension entière, pas seulement comme une technique mais aussi comme un style et une langue variés. Aujourd’hui l’Art peut être défini comme la communication entre plusieurs formes et disciplines différentes. Il est évident que l’artiste a une pensée et une unité dans son travail créateur. Si j’étais encore étudiant, je projetterais mes désirs les plus fous dans l’Art ! A présent, avec les années et plus de 170 expositions à mon actif, je peux dire rétrospectivement que je souhaitais tout simplement exposer mes travaux devant un large public dans tous les pays du monde.

 

Albania : Quand et comment avez-vous commencé à considérer la peinture comme un métier ? De votre point de vue, s’agit-il d’une « profession » ?

Artan Shabani : Il s’agit d’une profession quand on peut en vivre ! Toute profession demande un investissement culturel, intellectuel, etc. mais il s’agit avant tout pour l’artiste de confronter son travail au quotidien avec le monde compétitif de l’art contemporain. De mon point de vue, être artiste peintre c’est sans aucun doute une profession !

Albania : Qu’elles sont vos sources d’inspiration artistiques ?

Artan Shabani : L’inspiration est là où l’énergie se concentre pour arriver à concrétiser un projet. Il est certain que, selon les thèmes, le travail de l’artiste dépend également du projet qui inspire l’oeuvre. Je trouve l’inspiration dans ma vie quotidienne, dans les relations socio-culturelles, dans la mémoire qui joue le rôle d’une sorte de filtre par rapport au passé, etc. L’inspiration est dans chaque détail de la nature humaine à partir de laquelle il est possible d’extraire une infinité d’images, de pensées, et d’impressions. Au quotidien, la nature humaine est une source d’inspiration sans limite à partir d’une infinité de signaux.

Albania : Vous êtes non seulement peintre mais aussi fondateur et responsable de la galerie d’art "La Promenade" à Vlora. Pourquoi avez-vous créé cette espace ?

Artan Shabani : En l’absence d’un nombre suffisant de commissaires d’exposition, de critiques d’art et de collectionneurs, il est indispensable que le créateur s’implique également à définir et expliciter les concepts de ses oeuvres. Bien sur, il y a des moments d’exception, comme à la Biennale de Tirana, quand un commissaire albanais, connu pour son travail et son sérieux, comme Edi Muka s’occupe de ce rendez-vous incontournable avec l’art contemporain national et international. Une galerie d’art peut être un lieu de référence pour les commissaires, collectionneurs, artistes et éditeurs d’art. Il m’est souvent arrivé de promouvoir des événements à Vlora comme par exemple lorsque 89 artistes ont exposé sur le thème "Les murs après Berlin". Mon rôle est principalement celui d’un artiste, mais je prends plaisir à m’occuper d’un événement afin de créer toute une dynamique au moyen du seul langage artistique. C’est seulement en investissant dans la culture que l’on peut participer à la création d’une conscience sociale. Il serait impossible de vivre sans culture et sans Art !

 

 

Albania : Depuis quand et pourquoi vous partagez-vous entre l’Albanie et l’Italie ? Est-ce un atout ou plutôt un frein dans votre vie artistique et professionnelle ?

Artan Shabani : L’artiste vit en mouvement et l’Art est au cœur de la métamorphose tout comme la société, porteuse de valeurs changeantes, est en perpétuelle métamorphose. Le mouvement tout comme le nomadisme enrichissent un artiste. Ce peut-être considéré, par certains côtés, comme une sorte de luxe pour n’importe quel artiste.

 

 

Albania : Quel type de travaux allez vous exposer à Paris ? Et sur quel cycle êtes-vous entrain de travailler en ce moment ?

Artan Shabani : A Paris, je vais exposer des photographies et des collages. Dans l’espace de "La Générale de la Manufacture", l’exposition fera se rencontrer différentes techniques. Personnellement, je présente un cycle de collages dans lesquels je traite à la fois de l’histoire par la mémoire collective et de mon histoire personnelle. Je m’efforce de traduire le sens des questions que la vie m’a conduit à me poser. De son côté, mon collègue et ami Eltjon Valle présente une série de travaux issus de ses recherches autour de The Marinz Project, un projet qu’il mène depuis plusieurs années.

L’exposition restera ouverte au public jusqu’au 31 décembre à « La Générale en Manufacture » de Sèvres, Paris.

Interview réalisée par ©Evelyne Noygues, 2010 - Traduction de l’albanais : Amélie Petiteau/en.

Lire également : Artan SHABANI et Eltjon VALLE exposent à Paris, du 29 novembre au 31 décembre


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