Albania

Korça : célébration du centenaire du lycée français, le 10 novembre

Le colonel Ordioni et l’ombre de Thémistocle Germenji

vendredi 27 octobre 2017 par en , E. Noygues

Korça célèbrera le 10 novembre le centenaire du lycée fondé avec l’aide de l’armée française par l’éphémère République de Koritza, comme on disait à l’époque.

A cette occasion, Dominique Danguy des Déserts présentera les écrits de son grand-père, le colonel Ordioni, qui fit la guerre sur le territoire de Korça puis l’administra et y revint dans le cadre de la délimitation des frontières de l’Albanie.

Dans ses écrits, regroupés dans "Un officier français dans les Balkans, 1917-1925", Ordioni revient sur le drame de Thémistocle Germenji, préfet de Korça, fusillé par l’armée française le 3 novembre 1917.

En décembre 1916, un détachement de soldats français s’installe dans la ville de Korça. Alors que l’Albanie, disputée par tous les belligérants, sombre dans le chaos, le général Henri Descoins forme une éphémère « République autonome de Korça », qui survivra jusqu’en 1920. La présence française dans cette ville d’Albanie du Sud persistera plus longtemps, grâce au prestigieux lycée français, qui a formé une bonne part des élites albanaises de l’entre-deux-guerres.

Themistokli Gërmënji

Themistokli Gërmënji naît dans une famille orthodoxe albanaise de Korça à une époque où l’Albanie est encore une possession de l’Empire ottoman. À l’âge de 21 ans, il part poursuivre ses études à Bucarest, où il est profondément influencé par les sociétés patriotiques albanaises exilées en Roumanie.

De retour dans l’Empire ottoman, il s’installe en Macédoine, à Monastir. Il ouvre alors, avec son frère Mihal, l’hôtel Liria dont le nom signifie, en albanais, « liberté ». Rapidement, l’hôtel devient un lieu de rendez-vous pour les nationalistes albanais et c’est là qu’est organisé, en 1908, le Congrès de Monastir.

Après avoir largement financé lui-même la lutte des patriotes albanais, Gërmënji finit par quitter Monastir et se rendre à l’étranger afin d’y chercher le soutien de riches membres de la diaspora albanaise.

L’île de Corfou, située à proximité du rivage albanais, devient alors sa base de repli et il y rencontre de nombreux autres patriotes.

C’est alors que le Premier ministre grec Elefthérios Venizélos contacte Gërmënji et ses camarades et les invite à Athènes (1909). L’homme politique leur propose de financer largement la guérilla albanaise et d’offrir aux patriotes un certain nombre d’avantages en Grèce. À cela, il ne donne qu’une condition : que la propagande nationaliste albanaise ne touche pas les régions situées au Sud de Vlorë, que revendique Athènes. Mais les Albanais refusent et sont finalement expulsés de Grèce.

Gërmënji revient alors en Albanie, où il opère entre Saranda et Gjirokastre. Il ne tarde cependant pas à être capturé par les Turcs au cours d’une opération où il cherchait à s’emparer de fournitures militaires. Libéré début 1912, il retourne à Monastir et y entreprend une importante campagne de propagande auprès des officiers et des étudiants albanais.

De l’indépendance albanaise à l’invasion de l’Épire du Nord

Après la Première Guerre balkanique, l’Albanie finit par obtenir son indépendance mais l’instabilité qui règne dans le nouvel état aiguise les appétits territoriaux de ses voisins serbe, monténégrin et grec.

Pendant la Première Guerre mondiale, la Grèce envahit l’Épire du Nord et Gërmënji et d’autres patriotes albanais organisent la résistance dans la région de Korça.

De la République de Korça à l’exécution de Gërmënji

En 1916, les troupes françaises et italiennes remplacent les Grecs dans la région. À Korça, le colonel Descoins met en place une république autonome et entreprend des négociations avec les nationalistes albanais. Si certains patriotes albanais poursuivent la lutte aux côtés des troupes austro-hongroises, Gërmënji se range aux côtés de la France. Représentant la communauté albanaise, il participe à l’élaboration et à la signature du protocole du 10 décembre 1916 qui tient lieu de constitution au territoire. Gërmënji est ensuite nommé préfet de police par les Français, et Descoins le propose pour une décoration.

Pourtant, le renforcement du pouvoir d’Elefthérios Venizélos en Grèce du Nord et l’opposition de l’Italie à l’existence de la république de Korça changent la donne géopolitique dans la région. Accusé de collaboration avec l’ennemi austro-hongrois, Gërmënji est arrêté par les Français et envoyé devant un tribunal militaire à Thessalonique.

Condamné pour haute trahison, il est fusillé en 1917 par les Français. Il faudra attendre l’ouverture des archives diplomatiques pour connaître la vérité sur cet épisode. Quand les rapports de l’époque seront enfin accessibles, on apprendra que les membres du tribunal avaient été égarés par des informateurs grecs qui voulaient Germenji mort, car il était un leader albanais puissant.

(wikipédia)

A LIRE ÉGALEMENT SUR CE SITE :
- « Un officier français dans les Balkans, tome I, Albanie et Macédoine, 1917-1925 »
- « Un officier français dans les Balkans, 1917–1925 », tome II : nouvelle évocation de l’Albanie »


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 813062

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ACTUALITE...  Suivre la vie du site "Coup de coeur"   ?

Tous droits réservés © 1997-2017 Albania
Site réalisé avec SPIP 2.1.8 + AHUNTSIC
sur la ferme à SPIP de DnC développements sites et eCommerce