Albania

Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - II -

Episode 2

vendredi 4 juillet 2014 par en , Evelyne Noygues

Après le 1er épisode de sa "Saga balkanique" consacrée au départ de sa famille vers Macédoine, en 1943, nous suivons l’écrivain, universitaire, traducteur, diplomate macédonien d’origine albanaise, Luan Starova dans "Le temps des chèvres" traduit en français par Patrick Chrismant (Clément d’Icartéguy).

Le fils-narrateur, à la recherche de la genèse et des raisons de la présence des livres sur les chèvres dans la bibliothèque de son père, découvre une nouvelle étape de l’exil de ses parents. Fuyant le totalitarisme de l’après-guerre en Albanie, ils arrivent à Skopje/Shkup, la capitale de la Macédoine, qui fait partie de la fédération de Yougoslavie.

 

Luan Starova raconte...

Le narrateur voit la fin du paradis de son enfance alors que le régime veut, par le massache des chèves, transformer, du jour au lendemain, le paysan en classe ouvrière, en homme nouveau.

Ce livre révèle également le mécanisme de provocation du mal totalitaire, menant, par toute son inertie aux guerres fratricides des Balkans (Bosnie, Kosovo, ...), au début des années 90.

Dans ce livre où, selon Alain Bosquet, "la satire s’allie avec la parabole et la fable et admet plusieurs interprétations symboliques, o* on manie avec intensité la malice et la magie, l’allégorie est fille avec maestria... Gogol n’est pas loin", le fils-narrateur est constamment nargué par "le mythe du retour d’exil" dans on pays natal, l’Albanie. Le destin l’y conduira en 1979, lorsqu’on y fêtera le centenaire de la naissance de Staline !

La visite de l’auteur, venu pour sélectionner une pièce pour le Théâtre albanais de Skopje, se transforme en cauchemar lorsqu’il prend ses distances devant le diktat staliniste de ses hôtes, et que le dernier acte de la "face tragique" se joue au Musée de l’athéisme à Shkodra.

Selon Maurice Druon, avant la sortie de ce livre, se posait fréquemment la question : pourquoi le marxisme a t’il eu une telle diffusion, pourquoi il avait pu s’imposer si fortement à tant de peuples ; et bien c’est parce que, et d’abord en Russie, on a mes dans cette philosophie un contenu mystique, parce qu’un peuple, comme le peuple russe, a mis une charge de mysticisme sur une théorie qui voulait être matérialiste, qui l’était, et qui descendait finalement tout droit du positivisme.

Le principal intérêt de ce deuxième tome de cette saga consiste dan le fait qu’il projette une lumière très précise, très focalisée sur une attitude qui a coûté tant de vies humaines, tant de souffrances, tant de déportations et, finalement, tant d’esclavage volontaire des peuples satellites.

A lire également sur ce site :
- Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - I -
- Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - III


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