Albania

Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - I -

lundi 24 février 2014 par en , Evelyne Noygues

Ecrivain, universitaire, traducteur, diplomate macédonien d’origine albanaise, Luan Starova emprunte le chemin de l’exil au moment où il franchit la frontière entre l’Albanie et la Macédoine.

Avec sa famille, une nuit de 1943, il traverse le lac d’Ohrid pour gagner l’autre rivage et la ville de Struga. Sa vie et sa création en seront marquées à jamais...

 

Nous allons suivre l’oeuvre de Luan Starova dans les différents ouvrages de sa « Saga balkanique » comme autant d’épisodes épiques autour du phénomène de l’exil. Parmi les neuf ouvrages qui à ce jour composent cette chronique, cinq sont d’ores et déjà disponibles en français : Le chemin des anguilles, 2009, Le Rivage de l’exil, 2003, publié en français aux éditions de l’Aube, ainsi que dans les romans Le temps des Chèvres, 1999, Les livres de mon père, 1998, Le Musée de l’athéisme, 1999, publiés chez Fayard, qui laisse son empreinte pratiquement sur l’ensemble de son œuvre littéraire.

Né en 1941 à Podgradec, Luan Starova a fuit l’Albanie en 1945 pour se réfugier de l’autre côté du lac d’Ohrid dans ce qui étaient en train de devenir la République de Macédoine, au sein de la Yougoslavie. Il poursuit des études de littérature qu’il termine à Zagreb (doctorat). Devenu professeur de littérature française à l’université de Skopje, il traduit aussi en macédonien des auteurs français.

Il a été ambassadeur de Yougoslavie en Tunisie avant 1989, puis le premier représentant de la Macédoine en France. Il a écrit une saga historique et mythologique sur les Balkans, en plusieurs volumes. Luan Starova est en Macédoine le premier écrivain d’origine albanaise à entrer à l’Académie : la MANU (Académie macédonienne des Arts et de la Science). Ses romans sont traduits en une douzaine de langues.

L’exil à fleur de peau...

« Ma situation littéraire est elle aussi liée au destin de ma famille, qui a émigré d’Albanie vers la Macédoine. J’écris dans ma langue maternelle, mais aussi dans la langue de mon exil, c’est-à-dire en macédonien, qui fut la langue de mon éducation. J’ai vécu ce demi-siècle au cours duquel le macédonien est devenue une langue littéraire importante. Mais je n’ai jamais cessé de vivre et d’écrire dans ma langue maternelle, l’albanais. (...) J’ai accepté d’avoir deux "chez moi". Les langues dans lesquelles j’écris ne s’excluent pas dans ma situation littéraire. Elles interagissent en permanence. Il y a une confrontation rythmique, qui se révèle souvent être une qualité. Cette expérience est plus reconnue et plus encouragée par la critique européenne que par la critique macédonienne qui n’est pas habituée à ces « situations atypiques ». Par exemple, le critique français Eric Naulleau voit dans ma double appartenance la victoire d’une expérience positive sur des conditions négatives. » (Extrait d’un entretien avec Bratislav Taskovski, Forum/Le Courrier des Balkans, décembre 2007).

A lire également sur ce site :
- Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - II -
- Littérature : la "Saga balkanique" de Luan STAROVA - III


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