Albania

MEO : « Au Seuil de la Désolation » de Teki DERVISHI

THÉÂTRE-LECTURE-RENCONTRE

mardi 29 novembre 2011

La Maison d’Europe et d’Orient (MEO) a présenté, le jeudi 8 décembre 2011, « Au Seuil de la Désolation » de Teki Dervishi, traduit de l’albanais par Anne-Marie Autissier et Arben Bajraktaraj.

Extraits mis en lecture par Arben Bajraktaraj, assisté de Jutta Wernicke Sazunkiewisz. Compagnie HELLOI. Musique Vlashent Sata.

« Au Seuil de la Désolation » est une œuvre panoramique embrassant neuf cents ans d’histoire à travers le parcours d’un personnage, le Joueur, errant parmi les morts comme parmi les vivants.

Revisitant la légende de Constantin et Doruntine, Teki Dervishi fait du Joueur un envoyé du royaume des morts chargé de ramener - comme dans la légende - sa sœur Doruntine à sa mère. Or rien ne se passe comme prévu. Si le texte prend appui sur la tradition de la parole donnée - la Besa -, c’est pour en montrer l’impossibilité. Le Joueur ne peut tenir sa promesse. Pire encore, plusieurs fois sur son chemin, il croise différentes incarnations de Doruntine sans véritablement l’atteindre.

Doué au moins d’ubiquité, le Joueur traverse le monde et ses événements sans jamais y participer. « Libre comme la mort », il cherche un endroit où son travail serait utile, mais jamais il n’y parviendra. Condamné à une éternelle errance, le Joueur - ainsi que ses divers avatars - se dit « fatigué de répéter sa vie ». Imprégné de mysticisme et de la symbolique des nombres, « Au Seuil de la Désolation » se déroule en permanence sur un double plan : celui des monologues et méditations poétiques du Joueur et celui des dialogues entre les figures humaines souvent réduites à leur plus simple expression, doublée d’animalité : « Sœur Yeux Bleus, Statut Silex, Élégante Cobra, Moine Païen ».

Teki Dervishi a mis dix ans à achever son œuvre. Il l’a écrite entre 1975 et 1985, dans une période de tourmente, annonçant le désastre à venir. Au Seuil de la Désolation a été montée pour la première fois en 1986 et a marqué les esprits par son originalité et son étrangeté. Sa renommée l’a ainsi faite entrer dans le répertoire classique.

Teki Dervishi né à Gjakovë (Kosovo) en 1943 est décédé le 29 juin 2011. Écrivain et dramaturge albanais, il est l’un des auteurs le plus énigmatique du théâtre albanais. Emprisonné dans sa jeunesse dans le goulag yougoslave de Goli Otok (L’ïle Nue), il réussit par la suite à créer dans des conditions très précaires, surveillé de près par le régime. Dans les années 2000, après la guerre du Kosovo, il est nommé directeur du Théâtre national du Kosovo. Son œuvre, imprégnée autant de légendes, que du réel, du rêve et du concret, du pathos et de l’humour en fait l’emblème du réalisme magique du théâtre albanais.

Texte publié aux éditions l’Espace d’un instant.

Maison d’Europe et d’Orient - 3 passage Hennel - 75012 Paris - Tél. : +33 1 40 24 00 55 - Fax : +33 1 40 24 00 59. Entrée Libre. Réservation conseillée au 01 40 24 00 55

Extraits mis en lecture par Arben Bajraktaraj, assisté de Jutta Wernicke Sazunkiewisz. avec Cedric Appietto, Arben Bajraktaraj, Florence Bermond, Tomasz Bialkowski, Christophe Chêne, Jean –Marie Galey, Flonja Kodheli, Natasha Mashkevitch, Jutta Wernicke-Sazunkiewisz… Compagnie HELLOI. Musique Vlashent Sata.


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