Albania

Mère Tereza : une icône au panthéon des personnalités albanaises

lundi 6 décembre 2010 par en , Evelyne Noygues

En 2010, l’Albanie, la Macédoine et le Kosovo ont célébré l’anniversaire de la naissance de Mère Teresa, qui aurait eu 100 ans en août dernier. Hommes politiques et intellectuels, chacun s’est félicité de la gloire de la religieuse, devenue icône nationale au même titre que Skanderbeg.

Le 19 octobre 2003, la foule se presse sur la place Saint-pierre à Rome. Les fidèles sont présents pour soutenir la béatification de mère Tereza de Calcutta, décédée en 1977. Le pape Jean-Paul II est le maître de cérémonie pour saluer cette "nouvelle bien heureuse, l’une des plus grandes missionnaires du XXè siècle". Pendant plus de quarante ans, cette petite femme au grand coeur a oeuvré auprès des pauvres du monde entier, principalement en Inde.

Pourquoi ce subit intérêt après une longue période où son albanité a été occultée et qu’elle était souvent présentée comme une indienne ?

Quelles valeurs incarnées par mère Tereza présentent une actualité dans chacun de ces trois pays ? Et peut-on parler de concurrence autour du personnage de mère Tereza ?

Comment appréhender le phénomène culturel et la floraison d’hommages et d’initiatives qui se sont développés autour de sa mémoire et de ses racines familiales ?

L’héritage de Mère Tereza dans les pays de langue albanophone

Mère Tereza fait l’objet d’une reconnaissance mondiale. En 2010, année du centenaire de sa naissance, les autorités d’Albanie, du Kosovo et de Macédoine, tout comme celles de l’Inde, ont multiplié les gestes symboliques pour célébrer la « bienheureuse » en cours de béatification.

Les programmes culturels, les publications d’ouvrages et d’articles, les émissions de télévision, etc. se sont multipliés pour faire connaître en engagement ou, tout au moins, pour célébrer son albanaïté.

C’est ainsi qu’en Albanie, l’aéroport de la capitale a été baptisé du nom de « Mother Teresa » en 2001. Au Kosovo, elle est faite citoyenne d’honneur dès 1999 et en Macédoine, la maison familiale à Skopje/Shkup, où elle est née, est transformé en musée en 2008.

Pourquoi les Albanais et les autorités officielles s’identifient-ils à Mère Tereza ? Personnalité mondialement connue depuis l’attribution du Prix Nobel de la paix en 1999, la fondatrice de l’ordre des Missionnaires de la charité à Calcutta, en Inde, fait l’objet d’une vénération au travers du monde et d’une redécouverte de son albanïté dans les trois pays cités plus hauts.

Mère Tereza est née Gonxhe Bojaxhiu le 26 août 1910, à Skopje, en Macédoine. Ses parents étaient nés au Kosovo. Sa mère et une de ses sœurs sont enterrées à Tirana. En 1928, la jeune Bojaxhiu entre dans l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame-de-Lorette, en Irlande. En 1946, elle reçoit « l’appel dans l’appel » et choisit de servir les plus pauvres. Le 7 octobre 1950, elle fonde l’ordre des Missionnaires de la charité en Inde. En 1997, elle meurt à Calcutta où elle décide d’être enterrée. En 2003, elle est béatifiée par Jean-Paul II.

Une personnalité d’exception

Comme l’a rappelé M. Kullashi, lors de la soirée organisée jeudi 2 décembre 2010 par l’association Albania, Mère Tereza a poursuivie toute sa vie une réflexion profonde sur la foi, comme en témoigne la récente publication de lettres qui, étalées sur près de 50 ans, font état de ses doutes par rapport à l’existence de Dieu.

Toute sa vie, elle a affirmé son humanité par son geste en faveur de l’autre. Comme l’avait écrit le philosophe Descartes avant elle, quand l’homme s’interroge sur l’existence de Dieu, la seule certitude est celle du doute. C’est finalement l’homme qui, par ses sentiments et ses idées, témoigne de l’existence de Dieu. La richesse de la spiritualité de Mère Tereza est mise en lumière par le doute qui l’a habité toute sa vie.

Et l’Ambassadeur du Kosovo de rappeler que la sœur d’origine albanaise s’inscrit dans une grande tradition de prêtre albanais catholiques. Le rôle des écoles catholiques en Albanie et des prêtres catholiques dans les lettres albanaises est à souligner.

Le fondateur de l’Eglise orthodoxe, Fan Noli, est très vénéré par tous les Albanais, quelque soit leur origine religieuse. F. Noli est une grande figure de la littérature en langue albanaise et étudié dans toutes les écoles en Albanie et au Kosovo. Il est un grand traducteur aussi bien de l’anglais de Shakespeare que du perse du philosophe et mathématicien Omer Khayyam. Il a ouvert les yeux de ses contemporains à l’universel, comme l’a fait Mère Tereza.

Evelyne Noygues©2010

Photos©Gérard Alba et E.N.

A lire également : 2010, centenaire de Mère Téréza : une redécouverte de son albanité


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