Albania

Témoignage : sur les routes de l’Albanie

Par Alain GIRARD, grand voyageur

mercredi 13 juillet 2016 par en

Vantés par les touristes, les charmes de l’Albanie, ses sites touristiques, archéologiques, sa gastronomie, l’hospitalité de la population et, disons-le aussi, les prix raisonnables d’un séjour ne laissent pas indifférents les passionnés de voyages et de découvertes, à la recherche d’autres destinations.

Pendant ce bref périple au départ de Sarajevo, on est vite persuadé que l’Albanie est en plein essor et que ses efforts pour développer son infrastructure routière et son tourisme commencent à porter leurs fruits et les touristes étrangers affluent.

 

Résidant à Sarajevo et un peu lassé des attraits de la côte croate, devenue inabordable en saison, j’ai donc moi-aussi décidé, en septembre 2015, de me mettre en route vers le pays des aigles. L’idée première était de profiter du calme de fin de saison sur la côte, au sud, tout en découvrant superficiellement ce pays.

Une expérience enrichissante

Mais d’abord, j’ai voulu me rendre à Ohrid, en Macédoine. En passant par le Monténégro et Podgorica, je suis entré en Albanie par la nouvelle route, commençant dès la frontière, qui m’a rapidement conduit à Shkodër. En plein essor immobilier, cette ville est maintenant plus accueillante, avec des rues carrossables alors que lors de ma première incursion, quatre ans auparavant, le centre était labouré profondément pour le passage des canalisations.

Puis j’ai pris la direction Tirana, traversée laborieusement en raison d’une circulation chaotique, avec des rues étroites, encombrées de voitures appliquant approximativement le code de la route. En revanche, l’entrée à Tirana par le nord-est est beaucoup plus représentative d’une capitale. Les palmiers immenses plantés de part et d’autre de l’autoroute et un hôtel étonnant, digne des décors de Disneyland, donne au visiteur une première image surréaliste de la ville.

Ensuite, cap sur Elbasan (sans arrêt) puis Ohrid. L’ambiance est irréelle dans le centre de cette petite ville où abondent les églises orthodoxes. Dommage que l’immobilier sauvage perturbe la quiétude ambiante. Une excursion au monastère de Svati Naum est indispensable, en longeant la rive du grand lac frontalier avec l’Albanie. Là, c’est le tourisme business qui prévaut. Les marchands du temple ont envahi le parc accédant à la petite église et le monastère est devenu un hôtel. C’est très joli quand même.

Deux jours après, retour en Albanie par le même chemin, Elbasan (toujours sans arrêt), puis direction du sud, vers la charmante petite ville de Berat. Un quartier entier rappelle l’ère ottomane et la cohabitation avec les églises byzantines est remarquable. Ce début d’automne est idéal pour profiter de la beauté et de la tranquillité de l’endroit.

L’étape suivante, Gjirokastër et son centre historique, me plonge plus encore dans la période ottomane. Les vieilles maisons, les rues pavées étroites et les petits cafés avec leurs minuscules terrasses sur les trottoirs donnent une idée de la vie passée. Il faut prévoir d’y dormir pour apprécier, ne serait-ce qu’une soirée, l’ambiance particulière de cette cité.

La découverte du sud du pays

Le farniente est au programme de la suite du voyage, avec Sarandë pour destination. Autant la route neuve venant de Fier (nord de Vlora) jusqu’au sud de Gjirokastër, est roulante (attention aux fréquents contrôles de police) autant les routes secondaires sont sinueuses et leur revêtement approximatif.

C’est le cas pour la route passant par les collines jusqu’à Sarandë. Heureusement, une quinzaine de kilomètres avant cette cité, on pourra agréablement se détendre et admirer l’œil d’azur", d’où surgit une source aux reflets d’un bleu profond.

Dès l’arrivée dans la ville balnéaire une réalité s’impose : là, le béton est roi ! Des quantités d’hôtels couvrent la côte et nombre d’entre eux sont inachevés alors que les fondations d’autres sont seulement coulées, certaines donnant l’impression d’être déjà abandonnées. Je m’imagine en été la cohue qui doit régner ici avec un réseau urbain apparemment inadapté et en l’absence de parkings.

Mais, en cette période, les touristes sont partis et on a la douce sensation d’être propriétaire de la plage, le repos est assuré. Le soir, l’animation est toujours vive sur la promenade longeant la mer au centre ville et les divers restaurants de la ville proposent une gastronomie simple, basée sur les produits de la mer, et des vins locaux gouleyants. Les prix sont modérés pour un touriste français. Il faut prendre le temps, ici comme dans les autres villes, de se rendre au marché pour y trouver les produits, les fruits et légumes régionaux et surtout l’huile d’olive et le miel. Ce sera une autre manière d’apprécier la cordialité et l’amabilité des Albanais.

Sarrandë est aussi un point de départ idéal pour une excursion à Corfou, en Grèce, accessible en une heure de bateau. La richesse culturelle de la ville mérite plus que la journée de visite que j’y ai consacrée mais c’est toutefois suffisant pour apprécier la beauté de l’endroit et donner l’envie d’y revenir.

A 20 kilomètres au sud de Sarandë, l’excursion à Butrinti, autre site archéologique classé par l’UNESCO, est obligatoire. On est admiratif devant la perspicacité de ceux qui, à l’époque, ont trouvé cet endroit, posé au bord d’un canal aux eaux claires et à l’entrée d’une lagune sauvage. Un petit restaurant contigu au site permet d’en profiter plus longuement, avec un coucher de soleil en prime.

En y venant, on sera passé, à quelques kilomètres au nord, par la petite station balnéaire tranquille de Ksamil, qui semble ignorer ce passé historique et se plie aux réalités actuelles du tourisme de masse et malheureusement se couvre elle-aussi de béton.

Vers le sud, en revanche, le paysage est très différent. On traverse le canal avec un petit bac archaïque puis on roule, difficilement, dans une zone agricole, qui se couvre de nouvelles plantations de mandarines et d’oliviers. Cela présage des jours meilleurs pour les habitants locaux qui vivent très chichement.

Après ce voyage plein de découvertes de toutes sortes, le temps est venu de rentrer à Sarajevo. Sur l’itinéraire retour, une pause au site d’Apollonia d’Illyrie, à 10 kilomètres à l’est de la ville de Fier, donnera un autre magnifique exemple de la richesse archéologique du pays.

Je garderai en mémoire ces paysages inhabituels avec des montagnes pelées, entrecoupées de larges vallées souvent très fertiles où coulent des rivières dont les vastes berges asséchées annoncent des débits très importants à la fin de l’hiver. Étonnants aussi les nombreux bunkers aux passages des frontières et aux abords des villes, qui semblent maintenant accueillir le voyageur, ce qui n’était pas leur vocation première… On pourrait cependant regretter cette propension à bétonner le littoral qui pourrait, à l’avenir, gâcher la beauté des sites jusqu’ici protégés.

Tous droits réservés site "Albania"©copyright.

A lire également sur ce site :
- Escapade touristique en Albanie


Portfolio

BERAT
Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 826392

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site TOURISME & PATRIMOINE   ?

Tous droits réservés © 1997-2017 Albania
Site réalisé avec SPIP 2.1.8 + AHUNTSIC
sur la ferme à SPIP de DnC développements sites et eCommerce